Lundi 14 avril 2008

 

Richard Matheson a écrit de nombreux livres de Science Fiction qui ont été adaptés au cinéma. On a eu droit récemment à Je suis une légende, un remake assez raté du roman du même titre (voir billet du 28 décembre 2007).
L'homme qui rétrécit réalisé en 1957 par Jack Arnold est par contre une belle réussite. Je me dis qu'on a des moyens techniques énormes de nos jours mais que la qualité des films n'en est pas forcément meilleure. Fidèle au roman, le film montre l'histoire extraordinaire d'un homme qui est contaminé par un nuage radioactif, et qui commence alors a diminuer de trois millimètres par jours.
1957, on est en période de phobie du nucléaire, 10 ans plus tôt les américains ont mit fin à la guerre avec le Japon en lui balançant sauvagement une bombe A avec son champignon atomique du plus bel effet, tous les fantasmes sont permis, le nucléaire c'est le grand far-ouest des promesses et de l'inconnu, l'eldorado (ou le pire cauchemar) de la science.
Mais revenons à nos moutons. Le pauvre homme, il rétrécit donc de jour en jour et rien ne semble pouvoir arrêter le terrible processus dont il est victime. Ca commence par des vêtements qui semblent trop grands, son épouse qui semble grandir alors que c'est lui qui perd ses

centimètres, les meubles qui ne sont plus adaptés à sa taille de lilliputien, le chat qui devient inquiétant, et ça continue comme ça, inexorablement. Le plus terrible c'est que les docteurs ne trouvent pas de remède et Scott Carey commence à se demander jusqu'où ira cet enfer. Accumulant les problèmes: les factures impayées, sa femme qui le traite comme un enfant, les gamins qui l'agressent, les journalistes qui le traquent comme un animal de foire, le voilà finalement enfermé dans la cave sans nourriture, passé pour mort, oublié de tous avec son centimètre et demi!

 






















Un extrait du livre:
"Scott Carey contourna l'immense tour blanche du réfrigérateur, qu'on avait rangé là lorsqu'ils avaient emménagé, des mois ou des siècles plus tôt. C'était un réfrigérateur d'un ancien modèle, de forme cylindrique. Posée sur lui, il y avait une boîte de biscuits secs. Autant que pût le savoir Scott, c'était la seule nourriture qui se trouvât encore dans la cave. Il connaissait l'existence de la boîte de biscuits avant même que la cave fût devenue sa grison : c'était lui-même qui l'y avait laissée, un après-midi, il y avait de cela bien longtemps... Non, pas si longtemps, en réalité. Mais sa notion du temps s'était modifiée, elle aussi. Les heures ne sont des heures que pour les êtres normaux, dont la notion du temps est proportionnée à leur taille. Du moins en avait-il l'illusion. Sa taille lui en donnait bien d'autres : l'illusion que ce n'était pas lui qui diminuait, mais le monde qui s'agrandissait, l'illusion que les choses n'étaient ce qu'elles sont censées être qu'aux yeux des hommes de taille normale. Pour lui, quoi qu'il en eût, le brûleur à mazout avait perdu sa fonction naturelle d'appareil de chauffage, pour devenir une tour gigantesque dans les entrailles de laquelle grondait une flamme magique. Le tuyau d'arrosage était en réalité une énorme et paisible vipère endormie, enroulée sur elle-même. Le mur qui dominait le brûleur était la face abrupte d'une montagne, le sable un terrible désert aux collines habitées non par une araignée de la taille d'une noisette mais par un monstre venimeux, presque aussi grand que lui. La réalité était relative : chaque jour qui passait l'en convainquait un peu plus. Dans six jours, lui même cesserait d'en faire partie, non parce qu'il mourrait, mais simplement parce qu'il aurait disparu... Car enfin, que peut signifier le mot « réalité », quand on ne mesure plus rien?"

Scott Carey se demande ce qu'est la réalité quand on ne mesure plus rien? Le héros de Matheson a cru qu'il mourrait quand sa taille tomberait à zéro millimètre. La fin du film est  grandiose; après de nombreuses péripéties, Scott Carey malgré son désespoir trouve la force de se débarrasser de la terrible araignée (elle est alors trois fois plus grande que lui) qui lui barrait le passage vers la bouche d'aération, unique issue pour sortir de la cave. En passant au travers de la grille il parvient à sortir. Il se retrouve alors devant le jardin qui est devenu pour lui une jungle aux proportions gigantesques, où de simples brins d'herbes sont des arbes colossaux. Il fait nuit, c'est le printemps et à des millions de kilomètres au dessus de sa tête, le ciel brûle de mille feux étoilés. Les profondeurs de l'espace répondent à celles du monde microscopique vers lequel il est destiné. Il est donné à Scott Carey d'être le seul homme véritablement en face du mystère de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, au coeur des interrogations métaphysiques de l'être humain devant la création.


Dans les Annales des sciences psychiques (mars-avril 1897) on trouve un discours du célèbre physicien William Crookes, qui se demande quelles sont les limites de nos perceptions de l'univers par rapport à ce que nous sommes, et ce que serait le point de vue d'une civilisation d'êtres humains microscopiques. Un extrait qui répond à merveille à la fin de L'homme qui rétrécit et que j'ai trouvé intéressant de mettre en rapport avec cette histoire de Science Fiction.

"Les réflexions que je voudrais maintenant vous présenter sont plus difficiles, et elles sont adressées à ceux qui non seulement bornent trop leur vue à la terre, mais nient la vraisemblance ou même la possibilité de l'existence d'un monde invisible. Je leur répondrai qu'il est prouvé que nous sommes en tout cas sur le bord d'un monde invisible. Je ne parle pas ici d'un monde spirituel ou immatériel. Je parle du monde de l'infiniment petit qu'il faut encore cependant appeler matériel, quoique la matière dont il est fait, soit quelque chose que nos facultés limitées nous rendent incapables de concevoir. - C'est le monde des forces je ne dirai pas moléculaires comme opposées à massives, mais des forces dont l'action s'exerce presque toujours en dehors de la limite de nos perceptions, à l'inverse de celles qui sont évidentes aux sens grossiers des organismes humains. Je me demande comment, à vous comme à moi-même du reste, je pourrais faire bien voir le changement d'aspect des lois de l'univers qui serait la conséquence d'un simple changement dans la taille de l'observateur. Ce nouvel observateur, il faut nécessairement que je l'imagine. Je n'essaierai pas de rivaliser avec la brillante imagination du grand satirique qui, posant comme postulat une différence de taille bien moins considérable, en a déduit dans les Voyages de Gulliver l'absurdité, la pure relativité de tant de choses dans notre morale et notre politique. Mais je serai encouragé par l'exemple de mon prédécesseur dans cette chaire, le professeur William James de Harvard, dont tout à l'heure je citerai une frappante parabole précisément du genre dont j'ai besoin. 
                  
Le voici donc cet homme minuscule, cet homunculus qui, puisque vous le voulez bien, va me servir à bâtir ma fable. Je ne puis actuellement le placer au milieu des jeux des molécules à cause de mon impuissance à imaginer ce milieu; mais je lui donnerai une taille si microscopique que les forces moléculaires que dans la vie ordinaire nous remarquons à peine - telles que la tension superficielle, la capillarité, les mouvements browniens - deviendront pour lui si évidentes et dominantes qu'il aura grand'peine à croire à l'universalité de la gravitation, que nous pouvons supposer lui avoir été révélée par nous ses créateurs.

Plaçons-le sur une feuille de chou et laissons-le se débrouiller.

La surface de la feuille de chou lui apparaît comme une plaine sans limites, d'une étendue de plusieurs milles carrés. Pour cette créature minuscule, la feuille est parsemée d'énormes globes brillants et transparents (les gouttes de rosée) qui restent immobiles et chacun de ces globes dépasse - relativement à sa propre taille - bien des fois en hauteur les grandes Pyramides. D'un de leurs côtés ils paraissent émettre une lumière brillante. Poussé par la curiosité, il approche et touche un des globes. Celui-ci résiste à sa pression comme une balle de caoutchouc, jusqu'à ce que le hasard fasse que la surface se brise : aussitôt il se sent saisi et, après avoir tourbillonné, il se trouve transporté quelque part et reste là en équilibre suspendu à la surface de la sphère, complètement incapable de se dégager. Au bout d'une heure ou deux, il s'aperçoit que le globe diminue, et finit par disparaître, le laissant libre de poursuivre ses explorations. Sortant de la feuille de chou, il erre sur la surface du sol, et le trouve terriblement rocheux et montagneux, jusqu'à ce qu'il voie devant lui une large surface composée de la même matière que celle qui formait les globes sur la feuille de chou. Mais au lieu de s'élever en l'air comme tout à l'heure, cette matière s'étale en pente et se creuse à partir de ses bords et finit par sembler prendre une surface horizontale bien que le grand éloignement empêche notre observateur d'être absolument fixé sur ce dernier point; supposons maintenant qu'il tient dans sa main un vase d'un volume qui, proportionné à sa taille, serait celui d'une pinte pour nous, et que par d'adroites manipulations il réussisse à le remplir d'eau. S'il renverse le vase il constate que le liquide ne s'en échappe pas, et ne peut en être chassé que par de violents chocs. Fatigué par les efforts qu'il a faits pour vider ce vase il s'assoit sur le rivage et s'amuse à jeter des pierres et d'autres objets dans l'eau. En règle générale, les pierres et les objets mouillés s'enfoncent, tandis que s'ils sont secs ils refusent obstinément d'aller au fond et flottent à la surface. Il essaie avec d'autres substances : une tige d'acier poli, un porte crayon en argent, un bout de fil de platine, une plume d'acier, objets deux ou trois fois plus denses que les pierres, et qui, cependant, refusent tous de s'enfoncer et flottent à la surface comme autant de morceaux de liège. Et si lui et ses amis viennent à bout de jeter dans l'eau une de ces énormes barres d'acier que nous appelons aiguilles, il se forme aussi autour d'elle une concavité de la surface et elle flotte tranquillement. Après ces observations et quelques autres encore, il fait des théories sur les propriétés de l'eau et des liquides en général. Conclura-t-il que les liquides tendent à se niveler : que leurs surfaces au repos sont horizontales, et que les corps solides quand ils sont placés dans un liquide, s'enfoncent ou flottent suivant leur plus ou moins grand poids spécifique? Non; il se croira autorisé à inférer que les liquides, au repos, prennent des formes sphériques ou du moins courbes, convexes ou concaves suivant des circonstances difficiles à déterminer, qu'ils ne peuvent être versés d'un vase dans un autre et qu'ils résistent à la force de gravitation qui n'est donc pas universelle; et que les corps, tels que ceux qu'il peut manipuler, refusent généralement de s'enfoncer dans les liquides, que leur poids spécifique soit faible ou considérable. De la façon dont se comporte un corps placé en contact avec une goutte de rosée il tirera même des raisons plausibles de douter de l'inertie de la matière.

Déjà il a été assez incommodé par le continuel et capricieux bombardement d'objets volant dans l'air; ca:r les corpuscules que nous aimons à voir voler dans un rayon de soleil danseront d'une façon désagréable autour d'un homunculus microscopique qui ne peut jamais dire d'où ils viennent. Mais bientôt il verra combien il a absurdement exagéré la difficulté qu'éprouvent les créatures vivantes à s'élever de terre à moins d'avoir des ailes. Car il découvrira une créature effrayante, un Béhémot cuirassé, qui s'élance dans le ciel avec frénésie pour y chercher une proie; et pour la première fois l'hommage qui lui est dû sera rendu à la majesté de la mouche commune.

Agité par le doute, il regardera la nuit dans quelque mare absolument tranquille. Et tandis qu'aucun souffle ne ride la surface, qu'aucun échauffement ne vient produire de courant ou changer la tension de la surface, il aperçoit des petits objets inanimés immergés et tranquilles. Mais sont-ils tranquilles? Non. En voilà un qui remue; puis un autre. Peu à peu il se convainc que quand un objet est assez petit il est toujours en mouvement. Peut-être notre homunculus serat- il plus capable que nous d'expliquer ces mouvements browniens. Ou bien comprendra-t-il que celui qui assiste à ces choses entrevoit obscurément la constitution de la matière, et devine que ces mouvements sont un résidu, sont le résultat de l'agitation moléculaire intérieure qui ne s'est pas annulée comme cela doit arriver nécessairement dans les agrégats de matière qui ne sont plus de dimensions microscopiques.

Notre homunculus se trouvera sans doute en face de choses qui le jetteront dans une perplexité encore plus angoissante. Et ces changements dans son interprétation des phénomènes ne viendront pas de ce qu'il découvrira des forces encore inaperçues, pas plus que de la disparition de lois reconnues, mais simplement de ce fait que la diminution de sa taille donne aux phénomènes de capillarité, de tension de surface, etc., une importance relative qu'ils n'ont pas pour nous. Pour des êtres dont la raison est pleinement développée, les effets de ces forces se rangent parmi les phénomènes qui attirent l'attention seulement quand la science a déjà fait certains progrès. Pour des homunculi comme nous les imaginons, les mêmes effets seraient d'une importance capitale, et seraient avec raison interprétés non comme un supplément à ceux de la gravitation générale, mais comme dus à une force indépendante et peut-être antagoniste. La physique de ces homunculi différerait très notablement de la nôtre. Dans l'étude de la chaleur, ils rencontreraient des difficultés probablement insurmontables. Dans cette partie des recherches physiques, que ferions-nous si nous n'avions la faculté de pouvoir élever ou abaisser à volonté les températures des corps? Pour cela il faut pouvoir faire du feu. L'homme actuel resté dans un état rudimentaire de civilisation peut échauffer et enflammer certaines espèces de matière par friction, par percussion en en concentrant dessus les rayons du soleil, etc. ; mais pour que ces opérations produisent du feu il faut qu'elles aient été faites sur une masse considérable de matière, autrement la chaleur est conduite ou rayonne au loin à mesure qu'elle est produite, et rarement on arrivera au point où la combustion commence.

C'est ce qui arriverait dans la chimie de ce petit peuple en supposant que cette science soit possible pour lui.

On m'accordera facilement que les phénomènes fondamentaux d'où découlèrent nos recherches en chimie furent ceux de la combustion. Mais, comme nous venons de le voir, des êtres minuscules seraient incapables de produire du feu à volonté, excepté par certaines réactions chimiques, et auraient peu d'occasions d'en examiner la nature. Ils pourraient occasionnellement assister à des incendies de forêts, à des éruptions volcaniques, etc. ; mais ce n'est pas dans de si grandes catastrophes, ne servant qu'à révéler à nos Lilliputiens l'existence de la combustion, qu'ils trouveraient une bonne occasion de rechercher tranquillement ses conditions et ses effets.

De plus, en pensant à l'impossibilité où ils seraient de verser de l'eau d'une éprouvette dans une autre, les opérations ordinaires de l'analyse chimique et de toutes les manipulations où l'on se sert de la machine pneumatique resteraient pour eux comme un livre toujours fermé."

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Lundi 7 avril 2008

Qui connait le texte de l'abjuration de Galilée? On en a tous entendu parlé mille fois de cette abjuration. Cette affaire sinistre où Galilée est obligé de s'incliner devant les doctes de l'Eglise pour éviter de se retrouver rôti au grand air. On peut dire que ça fait partie du programme classique de l'éducation nationnale, mais notre système scolaire est ainsi fait qu'on ne l'a jamais lu.
Voici le texte de l'abjuration de Galilée, que Camille Flammarion inclu à partir de 1904 dans son célèbre ouvrage Astronomie Populaire. Texte "qui laisse dans no esprits un sentiment d'horreur et de honte". 


Sentence

L’opinion que le Soleil est au centre du monde et immobile est absurde, fausse en philosophie, et formellement hérétique, parce qu’elle est contraire à la Sainte Ecriture. 


Abjuration

Moi, Galileo Galilei, fils de feu Vincent Galilée, Florentin, agé de 70 ans, constitué personnellement en jugement, et agenouillé devant vous, éminentissimes et révérendissimes cardinaux de la république universelle chrétienne, inquisiteurs généraux contre la malice hérétique, ayant devant les yeux les saints et sacrés Evangiles, que je touche de mes propres mains; je jure que j'ai toujours cru, que je crois maintenant, et que, Dieu aidant, je croirai à l'avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique et apostolique romaine; mais parce que ce Saint Office m'avait juridiquement enjoint d'abandonner entièrement la fausse opinion qui tient que le Soleil est le centre du monde, et qu'il est immobile; que la Terre n'est pas le centre et qu'elle se meut; et parce que je ne pouvais la tenir, ni la défendre, ni l'enseigner d'une manière quelconque, de voix ou par écrit, et après qu'il m'avait été déclaré que la susdite doctrine était contraire à la Sainte Ecriture, j'ai écrit et fait imprimer un livre dans lequel je traite cette doctrine condamnée, et j'apporte les raisons d'une grande efficaté en faveur de cette doctrine, sans y joindre aucune solution; c'est pourquoi j'ai été jugé véhémentement suspect d'hérésie pour avoir tenu et cru que le Soleil était le centre du monde et immobile, et que la Terre n'était pas le centre et qu'elle se mouvait.

C'est pourquoi, voulant effacer des esprits de vos Eminences et de tout chrétien catholique cette suspicion véhémente conçue contre moi avec raison, d'un coeur sincère et d'une foi non feinte, j'abjure, maudit et déteste les susdites erreurs et hérésies, et généralement toute autre erreur quelconque et secte contraire à la susdite sainte Eglise : et je jure qu'à l'avenir je ne dirai ou affirmerai de vive voix ou par écrit, rien qui puisse autoriser contre moi de semblables soupçons; et si je connais quelque hérétique ou suspect d'hérésie, je le dénoncerai à ce Saint Office, ou à l'inquisiteur, ou à l'ordinaire du lieu où je serai. Je jure en outre, et je promets, que je remplirai et observerai pleinement toutes les pénitences qui me sont imposées ou qui me seront imposées par ce Saint Office; que s'il m'arrive d'aller contre quelques-unes de mes paroles, de mes promesses, protestations et serments, ce que Dieu veuille bien détourner, je me soumets à toutes peines et supplices, par les saints canons et autres constitutions générales et particulières, ont été statués et promulgués contre de tels délinquants. Ainsi, Dieu me soit en aide et ses saints Evangiles, que je touche de mes propres mains.

Moi, Galileo Galilei susdit, j'ai abjuré, juré, promis, et me suis obligé comme ci-dessus; en foi de quoi, de ma propre main j'ai souscrit le présent chirographe de mon abjuration et l'ai récité mot à mot à Rome, dans le couvent de Minerve, ce 22 juin 1633.

Moi, Galileo Galilei, j'ai abjuré comme dessus de ma propre main."

 

 
par xefolius publié dans : Divers et variés
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Jeudi 27 mars 2008

Trouvée dans une plaquette de l’occultiste Charles Lancelin, L’évocation des morts – Les sept voies d’intercommunication entre les deux humanités, ci-dessous une description précise de la modalité de l’apparition d’un fantôme (matérialisation) par un médium.

Charles Lancelin dit qu’il n’a jamais vu d’ectoplasme, au sens d'une substance solide émanant du corps du médium. En fait, Eva Carrière fût la première et l’un des seuls sujets à produire ce genre de phénomène - à savoir la formation de membres humains tels que mains, visages ou même un fantôme intégral issu d’une matière solide et vivante produite dans son organisme, et généralement s’extériorisant par la bouche - dans un cadre expérimental . Je ne sais pas si Lancelin a expérimenté avec Eva C. Il dit avoir vu plusieurs fois un fantôme se matérialiser et décrit bien le phénomène, mais il affirme n’avoir jamais vu d’ectoplasme (comme ceux d’Eva Carrière).


Extrait du texte de Lancelin:

" L’ectoplasme existe-t-il dans la réalité des choses ? Pour moi, j’avoue bien franchement n’en avoir jamais vu, et, par suite, expérimentateur avant tout, je reste sur mon doute, comme j’ai gardé un doute sur l’existence des fantômes, - vivants ou morts - , tant que je n’en ai pas vu, tant que je n’en ai pas manipulé, tant que je n’en ai pas produit.

Mais je me hâte d’ajouter que ce doute est purement doctrinal et en quelque sorte théorique, car si, d’une part j’admets le principe d’Hamlet " Tout est possible ! " d’autre part, je me réserve de contrôler moi-même, judicieusement, scientifiquement toutes les espèces qui peuvent se présenter, car il faut bien reconnaître que les phénomènes métapsychiques sont des plus troublants et que, par suite, la prudence, quant à leur admission, n’est pas exagérée.

Certes, des hommes de science – de haute science – ont eu l’occasion de contrôler l’ectoplasme ; certes, la théorie pure n’y est aucunement contraire, car enfin, la substance du fantôme, au lieu de se former extérieurement au médium, par la condensation des vapeurs fluidiques qu’il émane, peut tout aussi bien se former dans l’intimité de son organisme et n’en être émanée qu’après sa constitution complète ; mais, encore une fois, le fait est là : jamais je n’ai vu d’ectoplasme surgir du médium. Au contraire toutes les fois que j’ai eu à constater la formation d’Entités fantômales – et j’ai vu maintes et maintes fois le phénomènes se produire avec Eusapia Palladino, Miller et tant d’autres – toujours, invariablement, le phénomène suivait cette marche : un petit filet de vapeur claire, bleutée, légèrement brillant sortait du buste du médium ; ce filet de vapeur croissait progressivement en volume et en luminosité, formant auprès du sujet comme un nuage blanchâtre légèrement bleu, assez lumineux pour être vu distinctement dans l’ambiance, et strié, par moments d’éclats rapides, plus lumineux que le reste et qui semblait le parcourir ; l’émanation fluidique du médium continuant, ce nuage – très léger – prenait lentement une stature humaine dont le sommet brillait plus que le reste, et dont la base se fondait dans l’obscurité ; peu à peu, lentement, on voyait deux points lumineux s’affirmer, vers le haut de la forme, qui devenaient des yeux brillants autour desquels se modelait le reste du visage ; puis le buste – avec les bras – se dégageait à son tour, moins lumineux que la tête, et enfin le bas de l’apparition se faisait voir, perdue dans une sorte de draperie fluidique plus sombre que le reste:  le fantôme parlait quelquefois avant sa condensation complète, mais plus généralement après, et il se mouvait alors horizontalement, glissant sur le parquet plutôt qu’il ne marchait…

Telle est la norme ordinaire de formation pour les fantômes des défunts qu’il m’a été donné de voir se matérialiser sous mes yeux.

Ma conviction est donc absolue quant à l’objectivité du fantôme lui-même, et ma réserve ne porte que sur la réalité de condensation de l’ectoplasme dans l’organisme même du médium générant le phénomène.

Cette matérialisation du fantôme ressortit complètement à la médiumnité dont il a été question ci-dessus, mais avec cette différence que les menus phénomènes décrits dans le chapitre III ne nécessitent, pour être réalisés, que l’extériorisation, par le médium, d’une quantité relativement restreinte de force aithérique, tandis qu’une matérialisation proprement dite exige, pour se produire, l’émanation de véritables torrents de force qui, ensuite, laissent le sujet positivement épuisé, parfois même plusieurs jours après l’expérience ; je n’ai jamais vu qu’un seul sujet – Miller – faire preuve, au sortir, d’une séance, d’une vitalité sensiblement égale à celle qu’il possédait avant. Aussi les sujets que l’on qualifie de " médiums à matérialisation " sont-ils assez rares, d’autant plus que nombre d’entre eux n’opèrent que dans l’intimité restreinte et se refusent, vu les risques de l’expérience, à se produire devant un public où, à coté de personnes au courant de cette phénoménalité spéciale, se glissent trop souvent des ignorants et, parfois même, des assistants hostiles qui n’ésitent pas à mettre en jeu la santé et même la vie du médium en cause.

Il faut bien savoir, en effet, que la substance-force aithérique ou odique, qui constitue le fantôme n’est rien d’autre que la force vitale et neurique du sujet, et que cette force vitale et neurique, extériorée par lui, est des plus instables ; qu’elle se dissout dans un rayon de lumière blanche ; et qu’enfin il y a répercussion, sur l’organisme du médium de tous les sévices, de toutes les plaies, de toutes les lésions, en un mot, de toutes atteintes, quelles qu'elles soient, qui ont pu endommager la matérialisation (1).

Lorsqu’on assiste à ce genre de séance, il faut, comme d’ailleurs pour n’importe quel phénomène psychique, se conformer rigoureusement aux demande du sujet qui, la plupart du temps, n’est que le porte-parole des Entités agissantes, lesquelles peuvent demander plus ou moins de lumière anactinique – rouge ou jaune (2) – pour éclairer ou assombrir la pièce, ou des écrans au sulfure de calcium phosphorescent pour rendre certaines formations plus distinctes, ou bien encore des chants pour unifier la mentalité des assistants dont la diversité peut être un obstacle à la production des phénomènes, etc. "

(1) Il existe plusieurs exemples de brusque dissolution du fantôme produite par le subit éclatement d’une allumette (lumière blanche) provenant du fait d’un malintentionné ou même d’un étourdi, et ayant causé au médium du moment une incurable cécité.
(2) La lumière anactinique est sans effet sur la substance fantômale.


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Ectoplasme de la médium polonaise Stanislawa P.
Elle porte des gants et un voile de tulle sur le visage (on voit mal le voile sur cette image). L'ectoplasme sort de la bouche et traverse le voile.
Photo du Baron Albert Von Schrenck Notzing, 23 juin 1913
















Qui était Charles Lancelin ?portrait-005-copie-2.jpg
Charles Lancelin (1852-1941) fut un occultiste spirite des plus sérieux. Il a été disciple du Colonel Albert De Rochas d’Aiglun (1837-1914), officier d’artillerie, directeur de l’Ecole Polytechnique et précurseur dans le domaine de l’exploration scientifique des phénomènes occultes. On lui doit des ouvrages d’un immense intérêt malheureusement encore peu connus du grand public (Les états profonds de l’hypnose, L’extériorisation de la sensibilité, L’extériorisation de la motricité (un recueil d’expériences avec Eusapia Palladino). En matière d’expérimentation Albert De Rochas aura le mérite d’avoir été le premier à obtenir l’extériorisation du fantôme d’un sujet vivant en poussant l’hypnotisme jusqu’à ses derniers retranchements.

Charles Lancelin, hommes de lettres, lui aussi un expérimentateur zélé en matière de phénomènes psychiques, laisse une abondante production littéraire, production d’une stupéfiante érudition (voir sa trilogie de Shatan qui est devenue une référence même pour les érudits catholiques : L’histoire mythique de Shatan, Le ternaire magique de Shatan, orienté sur les problèmes d’envoûtements, d’incubat et de vampirisme, La faillite de Shatan, consacré aux origines de l’idée démoniaque, à ses transformations à travers les âges et à son avenir (3).

Il semble avoir surpassé son maître si l’on en croit une des dernières lettres que le Colonel De Rochas adresse à son disciple :
" […] Du reste, vos travaux, pour lesquels vous connaissez ma grande estime, dépassent maintenant les miens, et vous entrez dans un monde sur lequel je n’ai que de vagues notions… Ce que vous voulez bien appeler mes travaux est encore à cent coudées au-dessous des vôtres, que je ne pense jamais pouvoir égaler ; et si, plus tard, quelque lecteur de l’avenir compare – de très loin – le plus prisé de mes livres au moindre des vôtres, toute mon ambition posthume sera satisfaite (4). "

(3) Massimo Introvigne cite l’ouvrage de Lancelin dans son Enquête sur le satanisme.
(4) voir la dédicace dans Méthode de dédoublement personnel, Omnium Littéraire, réédition de 1975.


Bibliographie de Charles Lancelin:

La trilogie de Shatan (3 volumes)
L’au-delà et ses problèmes
Etude d’un sujet hyperphysique (non commercialisé)
Note sur le dédoublement personnel (non commercialisé)
Mes rapports avec le diable
La fraude dans la production des phénomènes médiumniques
Comment on meurt, comment on naît
Méthode de dédoublement personnel
La réincarnation
L’âme humaine
La vie posthume
La sorcellerie des campagnes
Qu’est l’âme
L’humanité posthume et le monde angélique
Introduction à quelques points de l’occultisme expérimental
L’évocation des morts
L’occultisme et la science
L’occultisme et la vie
Mes cinq dernières vies antérieures
Dictionnaire des remèdes des rebouteux et des sorciers  
La voyance
Souvenirs d'un occultiste
Les écrits apocryphes du Christianisme

par xefolius publié dans : Spiritisme/Métapsychique
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Lundi 28 janvier 2008

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Pour les amateurs d’UFO en tout genre voici la lampe ovni du designer Lasse Klein.
N’est elle pas charmante cette soucoupe qui élève et enlève une vache du plancher des vaches ?
Voyez derrière ses hublots verts made in Mars ces merveilleux petits hommes verts.
 
Lasse Klein dédie un site entier à sa lampe :
http://abductionlamp.com/

Pour les plus curieux, voir également son Blog où l’on papote beaucoup autour de la sympathique lampe : 
http://herrklein.com/

par xefolius publié dans : Ufologie
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Samedi 19 janvier 2008

Je soutiens cette initiative de Laurent Fabius (pas parce qu'il est de gauche mais parce que c'est une initiative juste est salutaire), qui demande l'égalité de temps de parole dans les médias pour les trois principales forces politiques. 
Sachant que
Nicolas Sarkozy (le National Socialiste en puissance, je plaisante!) s'impose tous les jours à la TV (y a de quoi saturer), qu'il en profite pour soutenir sa majorité pour les élections municipales, alors que lors d'élections le temps de parole doit être également équilibré - et que celui du président n'étant pas comptabilisé - il s'en suit qu'il y a là pour la première fois, utilisation scandaleuse par le président d'une faille constitutionnelle afin d'agir de manière non démocratique en manipulant l'opinion publique par l'usage des médias. 
Sachant d'autre part qu'il va supprimer les publicités du service public audiovisuel afin que celui-ci soit financé (et donc contrôlé) par ses camarades industriels, ce qui lui donnera une emprise quasi totale sur les principaux médias audiovisuels (il a déjà TF1), il me semble que nous sommes sur le point d'entrer dans une phase dangereuse pour nos libertés et l'avenir de la France.

par xefolius publié dans : Divers et variés
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Vendredi 28 décembre 2007
iamlegendaff.jpgJe suis allé voir le film Je suis une légende. C’est une adaptation du roman du même nom de Richard Matheson. Cet auteur est une grosse pointure de la science-fiction depuis les années 60 (dont les œuvres ont été souvent adaptées au cinéma, c'est aussi l'auteur de Sf préféré de Stephen King), avec à son actif de nombreux récits dont quelques chef d’œuvres comme, justement, Je suis une légende ou L’homme qui rétrécit dont l’adaptation cinématographique de1957 est très réussie. La fin est vertigineuse à plus d’un titre.
 
Je suis une légende a déjà été adapté deux fois au cinéma. Deux fois, deux échecs à mon avis. Dans le premier film, celui de 1971, Le survivant (The Omega man), avec Charlton Heston (dont les prestations ont pour moi l’odeur du souffre depuis que j’ai compris que c’est un maniaque de la gâchette qui porte haut le drapeau de la NRA), film qui, il faut bien l’avouer frise le ridicule. On a droit à une collection de vampires humanisés avec des Ray-Ban sur le nez, et cerise sur le gâteau, le sacrifice final du Colonel Heston en imitation - à mon avis scandaleuse - du Christ. 
 


undefinedEt quant est-il de la version 2007 ? Hé bien cette fois c’est avec un Will Smith en sauveur du monde qu’on a affaire. Fidèle à la lignée des films catastrophes made in Hollywood, ce film est un pur produit de l’oncle Sam qui cherche à se faire peur parce qu’il sait pertinemment - et dans le fond ça l’ennuie - qu’il est le plus fort.
Inutile de dire qu’on est là aussi très loin du livre de Matheson avec son anti-héro américain jugé indigne de vivre par la nouvelle race d’hommes. Ceux-là qui ont supplanté la précédente et dont il est l’unique représentant. L’incarnation pour eux de l’atroce souvenir d’un passé cruel et primitif qui sera à jamais recouvert de cendres, une fois que Robert Neville aura rendu l’âme…
 
Tout de même, il y a de bonnes choses dans ce film. Par exemple des vampires qui font peur, contrairement aux albinos sectateurs de 1971 (même Will Smith fait dans sa culotte, c’est dire). Puis surtout, à mon avis, les visions aériennes d’un Manhattan désolé, complètement désert. Je ne sait pas trop pourquoi mais les villes désertes je trouve ça fascinant (non, je ne suis pas antisocial, même si j’aime bien Trust). Une ville déserte, mais en l’état s’il vous plait. Parce que le New York de Je undefinedsuis une légende est lui dans un état franchement pas très drôle, sans parler des suceurs de sangs luminophobes qui à la nuit tombée sortent des entrailles des tours de Manhattan pour courir les rues dans tous les sens. Oui, vraiment les vampires version 2007 courent vite. Faut dire que depuis que Romero a récemment ouvert la voie aux zombies sprinteurs, plus personne n’a de scrupule de ce coté là. Plus la bête coure vite et plus les salles de cinéma se remplissent vite. Alors pourquoi s’en priver ?
 
Ca sera d’ailleurs la conclusion. Le Je suis une légende du XXIème siècle n’est pas une bombe, il est même plutôt mauvais, comme son prédécesseur il ne respecte pas l’idée du livre de Matheson. Mais pourquoi s’en priver? Lui refuser droit de visionnage ça nous engagerait à mettre à la poubelle les trois quarts des films hollywoodiens de ces 10 dernières années. Dur dur pour les pauvres petits occidentaux capricieux que nous sommes.
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Vendredi 16 novembre 2007

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Je me suis procuré les 5 numéros de la belle revue Anomalies, l’observateur des parasciences.

 C’est une revue dirigée par Pierre Lagrange, paru d’octobre 1996 à mars 1999. Autant dire durant la vague d’ufo-mania qui a déferlé en France avec la série X-files, les films Indépendance day, Contact, Mars Attacks… Sans parler de l’affaire de la vidéo de l’autopsie de l’extra terrestre de Roswell qui a fait tant de mal à Jacques Pradel (je crois que là tout le monde a bien restitué le contexte).

Ca nous rajeuni pas tout ça. Mais quel plaisir de retrouver dans ses pages ces épisodes, surtout quand ils sont relatés par des investigateurs sérieux. Jugez plutôt l’équipe :

Directeur de la publication : Yves Bosson.
Rédacteur en chef : Pierre Lagrange.
Comité de rédaction : Yves Bosson, Frédéric Dumerchat, Michel Hertzog, Pierre Lagrange, Bruno Mancusi, Bertrand Méheust.
Maquette : Benoît Roux.

 On y trouve aussi des articles sur la cryptozoologie et la parapsychologie. C’est une revue de fortéanisme en fait, contrairement à ce que les couvertures peuvent laisser penser on a pas seulement affaire aux soucoupes, même si elles occupent une bonne place.

 
Je vais seulement passé en revue le premier numéro (octobre 1996) .
Sans être exhaustif voilà en partie ce qu’on peut se mettre sous la dent:

 - Une chronique cinéma du très pro-américain Independance Day.

 - Une visite guidée d’une expo de photographie sur le thème Réel, fictions, virtuel, qui s’est déroulée à Arles du 7 juillet au 18 août 1996, Yves Bosson.

 - Un article sur le rapport du Congrès américain et le crash de Roswell, signé Pierre lagrange.

 - Une interview avec le célèbre auteur de science fiction, Ray Bradbury.

 - Un article de Michel Meurger sur les analogies entre S.F et le petit gris de Roswell.

 - Un dossier de 10 pages abondamment illustré au sujet de l’US Air Force et les soucoupes volantes, par P. Lagrange.

 - L’article Les monstres cryptozoologiques encore par Lagrange (on en redemande, ses écrits sont toujours intéressants, sympathiques et clairs).

 - Un papier à propos de la série X-files.

 - 6 pages de revue de presse où l’on trouve parmi d’autres :
le volume 2 des Fortean Studies; Enquête sur l’existence d’êtres célestes et cosmiques de Gildas Bourdais; une enquête sur les sectes suisses par Jean-François Mayer; la réédition de Notre sixième sens de Charles Richet; la publication de la correspondance de Jung qui prouve son intérêt pour le phénomène OVNI (son dernier ouvrage portait sur le sujet, Un mythe moderne). Il échangea des courriers avec des ufologues célèbres. Mais il s’intéressait aussi à la parapsychologie et au spiritisme (plus que Freud). A ce propos il faut consulter l’ouvrage de Henri Ellenberger, Histoire et découverte de l’inconscient. Il suivit de près les travaux de Rhine et échangea du courrier avec lui et l’un de ses étudiant (Abrams), nous dit-on.
Par contre la correspondance éditée fait fi des lettres entre Jung et sa cousine Lou Zinsstag, une disciple du célèbre contacté américain George Adamski, rien de sérieux cependant.

 
anomalies2.jpgLa maquette est superbe, comme pour les quatre autres numéros dont la qualité du contenu et des articles reste constante. A la fois intéressante pour les amateurs et pour les chercheurs plus sérieux, Anomalies était une revue agréable à l’œil et pleine de références et de pistes pour les fouineurs comme moi. Il est franchement regrettable que cette revue ait vécu si peu.


Amis de l'étrange et de l'insolite ; n’hésitez pas à vous jeter dessus si vous avez la chance de trouver quelques exemplaires, c’est du tout bon ! 

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Samedi 22 septembre 2007

Je me suis récemment procurer un gros livre : Dictionnaire critique de la parapsychologie. Ouvrage de René Louis publié aux éditions JMG, éditeur spécialisé dans les livres traitant de paranormal. 

dictionnaire-critique-copie-1.jpgJ’ai trouvé ce pavé chez Gibert Joseph à Saint Michel (Paris). Ils ont un rayon religions/ésotérisme/parapsychologie assez fourni, avec de nombreuses occasions (j'ai eu ce dico pour 15 euros, comme neuf). Il était à coté de l’Encyclopédie du paranormal de Jean Pierre Girard, publié récemment (on dirait que c’est la mode des encyclopédies du paranormal en ce moment). Je n’ai pas hésité à choisir le René Louis. En effet j’avais lu à propos du livre de Jean Pierre Girard quelques critiques qui m’avaient un peu refroidi (voir ici). Puis je connaissais aussi René Louis, je possède Les explorateurs de l’invisibles, ainsi que son Dictionnaire du mystère édité en 1994, qui ma foi sont plutôt sérieux et réussis.  ren---louis-copie-1.jpg

Pour une petite présentation de l’auteur je reprends les informations en quatrième de couverture : René Louis est un chercheur indépendant né 1943. Il a fait des études de lettres, puis il a travaillé comme cadre dans l’édition jusqu’en 1993. Il s’est toujours intéressé à la poésie, l’ésotérisme, la parapsychologie, la sorcellerie, l’ethnographie de la France… Il a fréquenté durant 20 ans la Bibliothèque nationale où il a absorbé une somme considérable de lectures concernant les sciences " maudites ". Il a dirigé plusieurs ouvrages collectifs, collaboré à des dictionnaires se rapportant aux sciences humaines, écrit plusieurs ouvrages : L’ère des médiums, Dictionnaire du mystère, Les explorateurs de l’invisible, Petit monde des fées et des lutins, La sorcellerie de A à Z (ces deux derniers également publiés chez JMG). De 1976 à 1980, René Louis a dirigé une anthologie en 14 volumes qui fut un succès : Les pouvoirs inconnus de l’homme, chez Laffont / Tchou.
 

Le Dictionnaire critique de la parapsychologie fait plus de 600 pages. On retrouve des entrées déjà présentes dans le Dictionnaire du mystère. Certaines ont disparu, à première vue tout ce qui concerne l’ésotérisme. D’autres entrées font leur apparition. Le tout est bien sûr plus axé spiritisme/métapsychique/parapsychologie. Autre différence notable, cette fois on a droit à des illustrations. Quant à la mise en page, elle ne se fait plus sur deux colonnes. Le tout est en somme plus agréable à l’œil. 

Pour se faire une idée de ce qu’on y trouve. Prenons par exemple la lettre "T". On est en présence d’un petit florilège plutôt alléchant :

Table tournante, télécinèse ou télékinésie, télégraphe spatio-temporel, téléhypnose, télépathie, téléplastie ou téléplastique, téléportation ou télétransport, télépsychie, télesthésie, témoin, Tenhaeff ( W.H.C.), test psychocinétique, thaumaturge, théosophique (société), thermique (variation), thorybisme, tige fluidique, Tocquet (Robert), transcommunication instrumentale, transe, transfert de sensibilité, transfixation, transverbération, trembleur, tychoscope, typtologie. 

Les points forts :
- Panorama de l’histoire de la parapsychologie : à travers les pages du Dictionnaire on retrouve l’histoire de la parapsychologie, depuis Swendenborg, jusqu’au ganzfeld, en passant par les sœurs Fox, Pascal Forthuny, Rhine, Tocquet, la transcommunication instrumentale, la dermo-optique, etc…

- L’esprit de synthèse : on est directement en présence d’une information claire et facile d’accès.

- L’honnêteté intellectuelle de l’auteur : il n’est pas exempt de cette qualité (souvent rare).

- Des entrées qui sont parfois de vrais articles : par exemple 12 pages pour Victor Hugo, la transcommunication instrumentale n’occupe pas moins de 19 pages !

Les points faibles de cette somme d’information :
- Quelque fois l’auteur oublie de s’effacer derrière le pur exposé des faits. Le but d’un dictionnaire, ne l’oublions pas, est de communiquer l’information sans aucune velléité d’interprétation. Mais nous sommes en présence d’un dictionnaire critique, il faut donc s’attendre à voir les idées de l’auteur interférer dans le propos. C’est le cas, toutefois très modérément. Cela dit, quand cela arrive, on n'est pas obligé d’être à chaque fois d’accord avec René Louis. Par exemple quand il écrit que Charles Richet était tolérant, cela me fait sourire, il faut voir le racisme puant de Richet, qui dégouline dans les pages de son L’homme stupide. Mais René Louis veut certainement parler de la tolérance scientifique de Richet. Certes, mais tolérance morale et tolérance scientifique sont elles dissociables?

- Le choix parfois déplorable du vocabulaire des titres des entrées. Je ne comprends pas ce qui a bien pu se passer. Un exemple : pour trouver quelque chose sur André Breton, inutile de chercher " Breton ". Vous ne le trouverez pas. Il était présent dans l’index plus fournis du Dictionnaire du mystère, mais ici l’index n’existe plus, et c’est bien dommage. Par contre on tombe sur Breton dans " surréalisme ". Bon, d’accord, je suis de mauvaise guerre. N’importe qui qui va chercher quelque chose sur André Breton ira aussi chercher au " surréalisme ". Bien, autre exemple plus éloquent, si je cherche quelque chose sur la médiumnité dans l’art. Pas la peine de chercher " art ", " dessins " ou que sais-je encore. Non, il faut tomber (oui tomber parce que je vois pas comment on pourrait penser à ça) sur " plasticien médium ". Vous n’y aviez pas pensé ? Vous êtes pardonné.

Encore des exemples de la gymnastique intellectuelle dont il faut faire preuve pour s’y retrouver dans les entrées: on trouve pêle-mêle : " mort sans sépulture ", " précision dans les prédictions ", " preuve de l’après-vie ", " extrapolations expérimentales ", " influence hypnotique à distance "… Bref, il vaut mieux ne pas se fier à la table des entrées. On risque de passer à coté de pas mal de choses. Cela dit, une table des entrées ne doit pas jouer le rôle d’un index. Alors s’il faut jeter la pierre quelque part, c’est bien vers l’absence de celui-ci.



Au niveau des coquilles pour le moment j’en ai repéré deux :

- L’entrée " ufologie " renvoie vers " ovni ", qui est en fait absente de la table des entrées (encore elle) mais bien présente dans l’ouvrage.

- Dans la biographie de Charles Richet, René Louis écrit : 
" …à l’occasion de sa dernière conférence à l’Ecole de médecine, il déclare (Richet) : " Je voudrais, avant de quitter cette chaire que j’ai si longtemps occupée, vous faire connaître les linéaments d’une science nouvelle, la métapsychique… ". 
Il s’agissait en fait de l’avant dernière conférence. Richet dû en effet s’incliner devant le désir de ses pères qui ne souhaitaient pas qu’il s’en aille en marquant le coup sur ses recherches métapsychiques (voir la réédition du Traité de métapsychique chez Artha production en 1994, page 676). 

 

Pour conclure, disons que le Dictionnaire critique de la parapsychologie est un bon élément pour les amateurs de paranormal. C’est une bonne introduction dans le domaine de la parapsychologie. Il brosse un large panorama des sciences psychiques et l'auteur qui connaît bien son sujet se montre plutôt objectif.

par xefolius publié dans : Spiritisme/Métapsychique
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Mercredi 8 août 2007

nasa2.jpgUne bien curieuse photo lunaire: prise à contre jour, la tenue de l'astronaute est pourtant parfaitement éclairée, tous les détails sont visibles. A l'arrière plan, pas d'étoiles dans l'espace...


Je me suis toujours demandé qu’elle était la part du vrai et du faux dans cette histoire des photos truquées de la Nasa. Les photos prises lors de la mission Apollo 11. Quand on examine de près les clichés on se croirait dans un jeu des sept erreurs. On décèle des incohérences frappantes. On est bien forcé de se poser des questions. De là à conclure que les américains n’ont pas mis les pieds sur le sol lunaire, il n’y a qu’un pas. Un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Le fameux livre de Philippe Lheureux sur cette affaire des photos de la Nasa est un bon exemple de cette mauvaise littérature conspirationniste en plein développement depuis le 11/09/2001.


Sur cette page web, on peut constater les fameuses incohérences des photos de la Nasa.


Bon, maintenant on est bien embêté. Que peut on en penser ?
Les américains, en pleine guerre froide, auraient-ils utilisé les studios d’Hollywood pour nous concocter un film et des photos, pour faire croire au monde entier qu’ils ont aluni avant les soviétiques ? Il s’agirait alors de la plus grosse tromperie des temps modernes. Des milliards d’individus auraient été dupés devant leur écran le 20 juillet 1969. Pire, on continuerait encore aujourd’hui à nous prendre pour des imbéciles !


Alors, les photos sont-elles truquées ou pas ? Les américains ont-ils aluni ? Jean Marc Roeder, qu’on ne peut pas suspecter d’être un ennemi acharné des conspirationnistes, est un chercheur indépendant, ufologue et colaborateur du magazine Top Secret. Il répond à ces questions. De façon très directe et claire comme à son habitude dans l’émission de Radio Ici & Maintenant du 14/09/2004.


Auditeur :
" Qu’est ce que vous pensez des controverses à propos du fait qu’on a bien marché sur la lune ou pas ? "

J.M. Roeder :
" Oui alors, je vous réponds tout de suite : les vols Apollo ont eu lieu, ils sont bien allés là où ils ont dit. Simplement certaines photos ont été truquées par la Nasa, c’est vrai. Elles ont été truquées mais pour une raison qui est tout à fait innocente et je dirais presque honnête. C’est à dire que, la Nasa ne s’en est même pas cachée, et à l’époque elle le disait publiquement. C’est simplement parce que les Hasselblad(1) de certaines missions avaient un problème d’étanchéité du chargeur. C’est à dire que les suédois de Hasselblad n'avaient pas bien fait leur boulot et vous aviez en moyenne un chargeur sur dix ou vingt qui avait un problème d’étanchéité. La lumière passait à travers. Donc les films étaient tous voilés. On avait l’image; mais floue à cause du voilage. Et avec une distorsion chromatique. Et comme les astronautes ne faisaient pas beaucoup de photos, parce que quand on a des missions à 40 milliards de dollars la mission, qui dure 48 heures sur la Lune, qu’on doit faire des centaines d’expériences, les photos étaient vraiment un à coté qui embêtait les astronautes. Ils avaient autre chose à faire. Seulement en même temps la Nasa avait besoin de sous, avait besoin de faire du spectacle pour continuer à être financée par le Congrès. Donc on leur disait "mais faites nous de belles photos " et les astronautes disaient " oui mais on a pas le temps alors nous on presse sur le déclencheur, soyez déjà contents qu’on presse dessus ". Parce qu’ils y pensaient à peine et parfois Houston devait leur dire " vous avez pensez à faire la photo ? Là vous êtes devant le rocher…" …quand ils voyaient ça devant la caméra de télé. " ha non on a oublié ". Bon, alors à la va-vite ils flashaient, comme c’était des Hasselblad moteur, il faisaient une petite rafale de trois ou quatre photos - ils en avaient rien à faire - quand ils mettaient les chargeurs ils en avaient rien à faire de voir si c’était bien fait ou non. Et donc ce qui c’est passé c’est qu’on avait plein de photos importantes - on en avait très peu - qui étaient complètement voilées. Seulement il y avait un problème, c’est que la Nasa avait passé des contrats commerciaux avec la presse, en particulier avec le magazine Life. Parce que Life avait l’exclusivité des photos de la Nasa. Il les revendait aux autres magazines, Paris Match et compagnie. Seulement Life disait " vu les millions de dollars qu’on vous a donné pour avoir l’exclusivité on a au moins droit à avoir des photos nettes. ". Et Life les avait menacé de procès… Et ils les auraient gagné parce qu’ils avaient raison; enfin ils payaient des millions de dollars de sponsoring et on leur donnait des photos lamentables. Alors la Nasa qu’est ce qu’elle a fait puisqu’elle avait des photos totalement irrécupérables? Elle a utilisé les salles de sortie extra véhiculaire lunaire du centre de Houston, qui reproduisait exactement le sol du site avec un réalisme absolu, et ils ont fait des photos bidon. Mais ça c’était pour faire plaisir à Life. Life savait qu’elles étaient bidon mais il s’en moquait parce que de toute façon on y voyait que du feu hein. Bon, c’est des photos-interprètes qui ont vu des petits repères de montage, des choses comme ça. "

Auditeur :
" Même les photos du module lunaire la plupart elles sont fausses, même les images, la poussière… "

J.M. Roeder :
" Oui ! Elles sont fausses. Vous fatiguez pas, c’est pas la peine de revenir aux explications, on les connaît il y a des dizaines d’indices qui montrent que c’est faux, il y en a même une où j’ai repéré trois projecteurs de studio… "

Auditeur :
" Dans Top secret il y en a une je crois… "

J.M. Roeder :
" Dans Top secret on a fait mieux, on a diffusé une vidéo de la Nasa, qui était dans ses stocks, qui était une vidéo de tournage d’une transmission ratée où on trouve carrément une rampe de lampe qui s’est cassée la gueule pendant le tournage, alors les astronautes se prennent une rampe de tournage dans la tête, bon… on sait qu’il y a des rampes sur la Lune, c’est bien connu… c’est pour ça qu’elle est lumineuse probablement. Et bref c’est pas pour ça qu’il faut dire qu’ils sont pas allés sur la Lune. Ca c’est les conspirationnistes à la gomme qui en ont déduit ça. En fait ils y ont été mais le problème c’est qu’il y avait ces photos nettes à livrer à Life et que pour ça et bien il fallait qu’elles soient nettes alors on les fabriqua en studio. " 


En somme, si on était suffisamment documenté on aurait réponse à pas mal d'énigmes qui n'en sont pas.

(1) Les appareils photos utilisés à l’époque par les astronautes.
par xefolius publié dans : Divers et variés
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Samedi 28 juillet 2007

Bonne nouvelle. On réédite Le livre des damnés de Charles Fort. Il était devenu difficile de se procurer une des anciennes éditions, toutes épuisées. 

charles-fort-jouant-a-un-super-jeu-d-echecs-de-son-invention.jpgCharles Fort c’est cet étrange personnage (popularisé en France par Louis Pauwels – un chapitre dans Le matin des magiciens lui est entièrement consacré) qui passait ses journées à éplucher les archives des bibliothèques américaines dans le but d’y retrouver des faits étranges inexpliqués. Des pluies de grenouilles, de poissons, des observation d’ovnis, des marques de ventouses géantes sur les montagnes, etc… Ignorés, mis de coté par la science, d’où les damnés du titre de son livre. Il a donc compilé dans son ouvrage un grand nombre de ces cas extrêmement curieux. 





Charles Fort devant un jeu d'échecs de son invention.
   


Damnes1-copie-3.gifLe livre est réédité chez Joey Cornu. Pour plus d’infos, passer commande, et même télécharger gratuitement les trois premiers chapitres c’est par ici.

Dans son œuvre H. P. Lovecraft cite deux fois Charles Fort; dans les nouvelles Le descendant et Celui qui chuchotait dans les ténèbres :

" Il se prit alors de passion pour le satanisme, passant le plus clair de son temps à dévorer avidement toutes les doctrines et les théories qui paraissaient lui promettre d’autres ouvertures que les lois invariables et étroites de la nature. Des livres comme le récit chimérique d’Ignatius Donnelly sur l’Atlantide, ou comme ceux qu’avaient écrits une douzaine de précurseurs de Charles Fort, l’enthousiasmaient par leurs divagations. Il n’hésitait pas à parcourir des lieues et des lieues pour se rendre compte sur place d’un détail étrange sur l’histoire d’un village. "
" Le descendant ", cf Lovecraft, tome I, Robert Laffont, collection Bouquins,1991, p.58.

" Deux ou trois extrémistes exaltés allèrent jusqu’à trouver plausible les vieux contes indiens qui attribuaient aux être mystérieux une origine extraterrestre, citant les livres extravagants de Charles Fort selon lesquels des voyageurs d’autres mondes et de l’espace interstellaire ont souvent visité la terre. "
" Celui qui chuchotait dans les ténèbres ", cf Lovecraft, op.cit., p.269.

par xefolius publié dans : Divers et variés
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